Aucun chiffre unique n'est honnête — mais les repères sourcés existent : Val de Bagnes (Verbier) affiche le tarif journalier moyen le plus élevé de Suisse, au-delà de CHF 600 la nuit[1], et une résidence secondaire suisse n'est occupée en moyenne qu'environ 30 jours par an[4]. Entre ces deux bornes, le revenu d'un même logement varie du simple au triple selon les nuitées vendues. Voici le calcul, posé hypothèse par hypothèse.
Trois chiffres sourcés avant tout calcul
Le tarif journalier moyen le plus élevé de Suisse selon les données de marché AirROI[1]. Moyenne de station : elle inclut les grands chalets haut de gamme, qui la tirent vers le haut.
Annonces Airbnb actives recensées par Airbtics[3] — et 8 des 10 communes suisses les plus denses en annonces sont valaisannes[2]. Le marché est profond, la demande réelle.
L'occupation moyenne d'une résidence secondaire en station valaisanne, selon la RTS[4]. C'est le point de départ de la plupart des propriétaires — et la marge de progression.
Le calcul, posé — hypothèses affichées
Prenons un appartement de deux chambres à Verbier et une hypothèse de prix illustrative : CHF 400 par nuit en moyenne annuelle — volontairement sous la moyenne de station citée plus haut, puisque celle-ci inclut les grands chalets. Ce n'est pas une donnée : c'est une hypothèse de travail, à remplacer par les prix réellement réservés dans votre catégorie. L'arithmétique, elle, ne change pas :
- Scénario A — 30 nuitées vendues (l'occupation moyenne d'une résidence secondaire[4]) : 30 × CHF 400 = CHF 12 000 de revenu brut.
- Scénario B — 60 nuitées (haute saison d'hiver bien vendue + quelques semaines d'été) : 60 × CHF 400 = CHF 24 000 brut.
- Scénario C — 84 nuitées (12 semaines : hiver complet, été de randonnée, week-ends d'entre-saison) : 84 × CHF 400 = CHF 33 600 brut.
Le levier dominant saute aux yeux : à prix constant, c'est le nombre de nuitées vendues qui fait passer le brut du simple au triple. Les deux autres leviers — le prix moyen par nuit et la part des commissions que vous conservez — se travaillent ensuite.
Du brut au net : les coûts, un par un
Sur le scénario B (CHF 24 000 brut, 12 rotations de 5 nuits), voici ce qui part — chaque poste étiqueté donnée sourcée ou hypothèse :
- Commissions des plateformes (sourcé, à date). Selon l'analyse des commissions publiée par Séjour Direct (2026), le barème hôte unique d'Airbnb est d'environ 15,5 %, et Booking.com se situe entre 17 et 22 % avec les options de visibilité[5]. À 17 % en moyenne sur tout le calendrier : 24 000 × 0,17 = − CHF 4 080. Chaque nuitée réservée en direct réduit ce poste.
- Ménage et linge (hypothèse illustrative). CHF 200 par rotation, linge compris — à ajuster au tarif réel de votre station : 12 × 200 = − CHF 2 400. Facturable en partie aux voyageurs via les frais de ménage.
- Taxe de séjour — la Kurtaxe des cantons alémaniques. En principe due par l'hôte : vous l'encaissez puis la reversez, elle est donc neutre — sauf forfait propriétaire, comme le prévoit notamment le règlement de Val de Bagnes (Verbier)[6] ; à Crans-Montana, la taxe est de CHF 5.– par nuitée avec des forfaits annuels de CHF 300.– à CHF 1 500.–[7]. En Valais, aucune plateforme ne la collecte à votre place : le décompte vous incombe, pour tous les canaux — le mécanisme complet est dans notre guide taxe de séjour en Valais.
- Énergie, assurance, entretien courant (hypothèse illustrative). Provision de CHF 2 000 à 4 000 par an selon le logement et son âge — aucun chiffre de marché fiable n'existe ici, c'est une provision prudente à affiner sur vos propres factures.
Bilan indicatif du scénario B : 24 000 − 4 080 − 2 400 − ~3 000 ≈ CHF 14 500 avant impôts (et avant forfait de taxe éventuel). Un ordre de grandeur construit sur des hypothèses affichées — pas une promesse. Pour la fiscalité du revenu locatif, votre fiduciaire reste l'interlocuteur.
Et ailleurs en Valais ?
Verbier tient le haut du marché suisse ; les autres stations valaisannes se situent en dessous en prix moyen, avec des profondeurs de demande variables — le canton concentre à lui seul 8 des 10 communes les plus denses en annonces[2]. Plutôt que des moyennes de station invérifiables, la bonne méthode est la même partout : relever les prix des annonces réservées (pas affichées) de votre catégorie, sur votre village, aux quatre saisons — puis refaire le calcul ci-dessus avec vos chiffres.
De 30 nuitées à 12 semaines : le vrai gisement
Le chiffre le plus intéressant de cette page n'est pas le prix de Verbier, c'est l'écart entre le scénario A et le scénario C. Les stations valaisannes se battent contre les « lits froids » : des logements occupés une poignée de semaines par an, que les communes cherchent activement à voir loués davantage[4]. Un chalet existant d'avant mars 2012 se loue librement — la Lex Weber ne s'y oppose pas — et passer de 30 à 84 nuitées ne demande pas de brader : il s'agit d'ouvrir le calendrier (été de randonnée, week-ends d'entre-saison), de vendre sur plusieurs canaux à la fois, et de garder les habitués en direct. Le parcours complet pour démarrer, étape par étape, est dans notre guide louer son chalet en Valais.
Questions fréquentes
Combien rapporte un chalet en location à Verbier par an ?
Aucun chiffre unique n'est honnête. Avec l'hypothèse illustrative de CHF 400 la nuit, un deux-chambres passe d'environ CHF 12 000 brut à 30 nuitées vendues à plus de CHF 33 000 à 84 nuitées. Le net dépend des commissions, du ménage, des taxes touristiques et de l'entretien — le calcul détaillé est posé ci-dessus.
Quel est le prix moyen d'une nuit à Verbier ?
Selon les données AirROI, Val de Bagnes (Verbier) affiche le tarif journalier moyen le plus élevé de Suisse, au-delà de CHF 600[1]. Cette moyenne inclut les grands chalets haut de gamme : un appartement se situe généralement en dessous — comparez avec les annonces réellement réservées de votre catégorie.
Quels coûts déduire du revenu brut ?
Quatre familles : commissions des plateformes (de l'ordre de 15 à 22 % selon le canal et les options[5]), ménage et linge à chaque rotation, taxe de séjour ou forfait communal, et entretien courant. L'impôt sur le revenu locatif vient ensuite — parlez-en à votre fiduciaire.
La taxe de séjour réduit-elle mon revenu ?
En principe non : elle est due par l'hôte, vous l'encaissez puis la reversez. Elle devient un coût réel en cas de forfait annuel propriétaire[6] ou si vous omettez de la facturer. En Valais, aucune plateforme ne la collecte à votre place : le décompte vous incombe, pour tous les canaux.
Sources
- AirROI — données de marché Airbnb pour la Suisse (tarif journalier moyen par commune ; Val de Bagnes en tête) : airroi.com. Consulté le 2 septembre 2026.
- IamExpat — « Which Swiss town has the most Airbnbs? » (8 des 10 communes les plus denses en annonces sont en Valais ; Val de Bagnes au tarif le plus élevé) : iamexpat.ch. Consulté le 2 septembre 2026.
- Airbtics — « Best Airbnb Markets in Switzerland » (~8 800 annonces actives en Valais) : airbtics.com. Consulté le 2 septembre 2026.
- RTS — « Résidences secondaires et lits froids, le défi permanent des stations valaisannes » (occupation moyenne ~30 jours/an ; politiques communales pro-location) : rts.ch. Consulté le 2 septembre 2026.
- Séjour Direct — « Commissions réelles Booking / Airbnb » (2026) : barème hôte unique Airbnb ~15,5 %, Booking.com 17–22 % avec options : sejourdirect.fr. Consulté le 2 septembre 2026. Chiffres cités tels que publiés par leur auteur.
- Commune de Val de Bagnes / Verbier Tourisme — « Règlement des taxes de séjour » (01.11.2021, mise à jour 23.08.2023), forfait annuel propriétaires : verbier.ch (PDF). Consulté le 2 septembre 2026.
- Commune de Crans-Montana — règlement sur la taxe de séjour (2024) : CHF 5.– par nuitée, forfaits annuels CHF 300.– à 1 500.– : commune-cransmontana.ch (PDF). Consulté le 2 septembre 2026.