La Lex Weber vous empêche-t-elle de louer votre résidence secondaire ?

Vérifié le 2 septembre 2026 — sources officielles en bas de page
Dans l'immense majorité des cas, non. La Lex Weber restreint la construction de nouvelles résidences secondaires dans les communes qui en comptent plus de 20 % — elle ne restreint pas la location de celles qui existent. Un chalet ou un appartement créé selon l'ancien droit, c'est-à-dire existant ou autorisé de manière définitive au 11 mars 2012, se loue librement, à la semaine comme à la saison1.

Ce que la loi restreint vraiment

Le 11 mars 2012, le peuple suisse a accepté l'initiative « pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires ». Sa mise en œuvre, la loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS)1, fait une chose précise : dans les communes où les résidences secondaires dépassent 20 % du parc de logements, elle interdit d'en construire de nouvelles. C'est une loi d'aménagement du territoire, pas une loi sur la location.

Beaucoup de propriétaires en Valais ou dans les Alpes vaudoises en ont pourtant retenu une idée vague et anxiogène : « avec la Lex Weber, on ne peut plus louer ». C'est l'inverse qui est vrai. Le texte protège explicitement la situation des logements existants — et la politique touristique qui l'accompagne pousse à les mettre en location plutôt qu'à les laisser volets clos.

« Créé selon l'ancien droit » : la seule date qui compte

La LRS distingue deux mondes, et la frontière passe par une date unique. Un logement qui existait — ou dont l'autorisation de construire était entrée en force — au 11 mars 2012 est un « logement créé selon l'ancien droit » (art. 10 LRS)1. Ces logements restent libres dans leur utilisation (art. 11 LRS) : vous pouvez y habiter, les prêter à la famille, les louer à l'année ou les proposer en location de vacances, sur les plateformes ou en direct. La loi ne vous demande ni autorisation pour louer, ni justification, ni quota de nuitées.

Autrement dit : si votre chalet d'Anniviers date des années 1970, si votre appartement de Villars a été construit dans les années 1990, la Lex Weber ne change rien à votre droit de les louer. Le mayen hérité des grands-parents est exactement dans le même cas.

Le seuil 20 %

Part de résidences secondaires au-delà de laquelle une commune ne peut plus en autoriser de nouvelles. C'est le cas général des communes de stations.

Les communes concernées 331 communes

Communes suisses au-dessus du seuil selon le décompte d'EspaceSuisse2. La liste officielle, commune par commune, est tenue par l'ARE3.

La date charnière 11 mars 2012

Un logement existant ou définitivement autorisé à cette date est « créé selon l'ancien droit » : son utilisation — dont la location — reste libre.

Ces 331 communes abritent plusieurs centaines de milliers de résidences secondaires. C'est dire que le cas « logement existant dans une commune au-dessus des 20 % » n'est pas l'exception alpine : c'est la situation ordinaire d'un propriétaire en station — et elle n'emporte aucune restriction de location.

Construit après mars 2012 ? Lisez votre autorisation

Le tableau change pour les logements autorisés après le 11 mars 2012 dans une commune au-dessus du seuil. Là, la LRS n'autorise en principe que deux affectations (art. 7 LRS)1 : la résidence principale, ou le logement affecté à l'hébergement touristique. La condition est inscrite dans l'autorisation de construire et mentionnée au registre foncier.

Si vous achetez ou héritez d'un logement récent en station, le réflexe utile n'est donc pas de renoncer à louer : c'est de lire l'autorisation de construire et l'extrait du registre foncier pour savoir laquelle de ces conditions s'y attache, et ce qu'elle implique concrètement.

Ce que la Lex Weber ne règle pas — et qui s'applique quand même

Dédramatiser la Lex Weber ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire. Les vraies obligations du loueur en Suisse romande viennent d'ailleurs — du canton et de la commune :

Nous consacrons à chacun de ces sujets un guide dédié — dont annoncer vos hôtes et les règles par canton : le tableau comparatif 2026.

Les stations veulent que vous louiez

Dernier renversement de perspective, et pas le moindre : dans les communes touristiques, la politique publique issue de la Lex Weber joue pour la location, pas contre. Le gel de la construction a figé le parc ; la seule manière d'augmenter les nuitées est de réchauffer les « lits froids » — ces logements occupés quelques semaines par an. Des stations comme Verbier s'adressent explicitement à leurs propriétaires de résidences secondaires pour les encourager à mettre leur bien en location6.

Louer votre chalet n'est donc pas une tolérance à l'ombre d'une loi restrictive : dans l'arc alpin, c'est un comportement que la commune espère de vous.

Là où Chanlify intervient : une fois la décision de louer prise, le travail quotidien est ailleurs — tenir un seul calendrier entre Airbnb, Booking.com et les réservations en direct, et garder la trace de chaque séjour : nuitées, dates, voyageurs. C'est exactement ce que fait Chanlify, et ce sont ces données qui servent ensuite à vos déclarations communales.

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Questions fréquentes

Puis-je louer sur Airbnb un chalet situé dans une commune soumise à la Lex Weber ?

Oui, si le logement a été créé selon l'ancien droit — c'est-à-dire s'il existait ou était autorisé de manière définitive au 11 mars 2012. La LRS garantit la liberté d'utilisation de ces logements : les habiter, les prêter ou les louer, y compris en courte durée. Elle ne fixe aucune limite fédérale de nuitées.

La Lex Weber impose-t-elle un nombre maximal de jours de location ?

Non. La LRS ne contient aucun plafond de jours ni de nuitées. Les limites de durée qui existent en Suisse relèvent du droit cantonal — à Genève, la location du logement entier est plafonnée à 90 jours par an par le droit genevois, pas par la Lex Weber.

J'achète un logement construit après mars 2012 : puis-je le louer ?

Cela dépend de la condition d'usage attachée à son autorisation de construire. Dans une commune au-dessus des 20 %, un logement autorisé après le 11 mars 2012 l'a été soit comme résidence principale, soit comme logement affecté à l'hébergement touristique. Dans le second cas, la mise en location est prévue — c'est même souvent sa raison d'être. Vérifiez l'autorisation de construire et l'inscription au registre foncier avant d'acheter.

Comment savoir si ma commune dépasse le seuil des 20 % ?

La Confédération tient la liste officielle des communes comptant plus de 20 % de résidences secondaires — 331 communes sont concernées. Les communes de stations des Alpes romandes y figurent en règle générale. La liste est publiée par l'Office fédéral du développement territorial (ARE)3.

Sources

  1. Loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS), RS 702 — art. 7 (affectations admises pour les logements nouveaux), art. 10 (définition du logement créé selon l'ancien droit), art. 11 (liberté d'utilisation) : fedlex.admin.ch
  2. EspaceSuisse, « Résidences secondaires » — décompte des communes au-dessus du seuil de 20 % : espacesuisse.ch
  3. Office fédéral du développement territorial (ARE), résidences secondaires — liste officielle des communes : are.admin.ch
  4. Obligation d'annoncer les hôtes étrangers hébergés contre rémunération (art. 16 LEI) — Office fédéral du logement : bwo.admin.ch
  5. République et canton de Genève, « Louer mon logement sur une plateforme d'hébergement de type Airbnb » : ge.ch
  6. Verbier Tourisme, espace dédié aux propriétaires de résidences secondaires : verbier.ch

Contenu vérifié le 2 septembre 2026 sur les sources ci-dessus. Cette page décrit le cadre légal de manière générale et ne remplace pas un conseil juridique sur votre situation.