Réglementation de la location de courte durée en Suisse : le tableau par canton (2026)

Sources officielles vérifiées le 1er septembre 2026 · page mise à jour le 2 septembre 2026

Il n'existe pas de loi fédérale unique encadrant la location de courte durée en Suisse : les règles applicables aux annonces Airbnb, Booking.com et aux locations de vacances se fixent au niveau du canton, et très souvent de la commune1. Genève plafonne la location du logement entier à 90 jours par an3 ; le canton de Vaud exige une autorisation au-delà de 90 jours dans les districts en pénurie de logements et tient un registre des hôtes obligatoire56 ; le Valais ne connaît aucun plafond, mais la taxe de séjour s'y déclare commune par commune — et Airbnb ne la collecte pas à votre place2.

Le tableau par canton (état : septembre 2026)

Chaque cellule renvoie à sa source officielle, listée en bas de page. Les cantons alémaniques figurent pour référence ; le détail rédigé ci-dessous couvre d'abord la Suisse romande.

État des textes au 1er septembre 2026. En cas de doute, le règlement communal et le droit cantonal font foi.
Canton Plafond / autorisation Taxe de séjour Annonce des hôtes N° officiel dans l'annonce
Genève 90 jours/an pour le logement entier (art. 4A RDTR) ; chambre chez l'habitant non plafonnée ; au-delà : changement d'affectation. Amendes jusqu'à CHF 150'0003 CHF 3.75 par nuitée ; collectée automatiquement par Airbnb — à déclarer soi-même pour les autres canaux4 Hôtes étrangers : annonce obligatoire (art. 16 LEI)15 Non
Vaud Au-delà de 90 jours/an dans les districts en pénurie de logements : autorisation préalable (art. 15 al. 2 RLPPPL, depuis le 1.7.2022)5 Communale ; CHF 3.00 collectés par Airbnb dans ~164 communes (accord UCV, depuis 2023) — ailleurs et sur les autres canaux, le propriétaire déclare7 Registre des hôtes avec copie de pièce d'identité, présenté à la commune, dans tout le canton (art. 4a et 74c LEAE) ; amendes jusqu'à CHF 60'0006 Non
Valais Aucun plafond cantonal ; annonce de l'activité à la commune8 Communale (loi sur le tourisme de 1996) ; aucune collecte automatique par Airbnb. Forfait annuel possible à Bagnes/Verbier9 ; CHF 5.– par nuitée et forfaits annuels de CHF 300 à 1'500 à Crans-Montana10 Art. 16 LEI + annonce communale des arrivées via les offices du tourisme15 Non
Fribourg Aucun plafond2 CHF 3.00, harmonisée au niveau cantonal depuis 2023 ; collectée par Airbnb14 Art. 16 LEI15 Non
Berne Aucun plafond cantonal ; règles locales — Interlaken/Unterseen : séjour minimal de 3 nuits et permis de conversion ; Wilderswil : 5 nuits (2025) ; Thoune : plafond de 90 jours en préparation2 Kurtaxe communale via les organisations de destination ; aucune collecte automatique par Airbnb2 Contrôle des hôtes selon la GGG (BSG 935.11), registres conservés 5 ans11 + art. 16 LEI15 Interlaken/Unterseen : étiquetage obligatoire de l'objet2
Grisons Aucun plafond cantonal (motion de 2023 rejetée)2 ; Davos/Klosters : enregistrement de l'objet depuis 202113 Gästetaxe communale, perçue et reversée par l'hébergeur ; aucune collecte automatique par Airbnb2 Davos/Klosters : annonce des arrivées sous 24 h sur formulaire officiel13 + art. 16 LEI15 Oui — numéro d'objet à Davos/Klosters13
Zurich Aucun plafond en vigueur ; initiative « 90 jours » déposée en ville de Zurich en octobre 2025, pendante2 Collectée par Airbnb depuis 20182 Art. 16 LEI15 Non
Bâle-Ville Permis requis pour la location commerciale (changement d'affectation), contrôle sur plainte ; projets de plafond à 90 jours et de numéro obligatoire pendants au Grand Conseil12 Collectée par Airbnb depuis 20182 Art. 16 LEI15 Proposé (projet pendant)12

Le Tessin (numéro obligatoire dans chaque annonce depuis 2022) et la ville de Lucerne (plafond de 90 jours et annonce numérique depuis le 1.1.202520) sont traités dans la section « Vers un registre national ? ».

Genève : le régime le plus strict de Suisse

Genève est le seul canton romand à plafonner directement la durée de location : un logement entier ne peut être proposé en location de courte durée que 90 jours par année civile, en vertu de l'art. 4A du règlement d'application de la LDTR (RDTR). La limite était de 60 jours à son introduction en 2018 ; elle a été portée à 90 jours à la suite d'un arrêt d'avril 20193. Louer une chambre dans le logement que l'on habite soi-même n'est en revanche pas plafonné.

Au-delà de 90 jours, l'activité est assimilée à un changement d'affectation du logement — soumis à autorisation et, en pratique, très difficile à obtenir pour de l'hébergement touristique. Les infractions à la LDTR exposent à des amendes pouvant atteindre CHF 150'0003.

Point important pour le décompte : le plafond s'applique au logement, pas à la plateforme. Les nuitées vendues sur Airbnb, sur Booking.com et en direct s'additionnent — et la responsabilité du respect de la limite repose sur le propriétaire, pas sur les plateformes. Côté fiscalité touristique, la taxe de séjour genevoise est de CHF 3.75 par nuitée ; Airbnb la collecte automatiquement, mais pour les réservations issues d'autres canaux, la déclaration reste à la charge de l'hébergeur4.

Nous y consacrons un guide dédié : la règle des 90 jours à Genève, en détail.

Vaud : autorisation au-delà de 90 jours et registre des hôtes

Le canton de Vaud combine deux régimes distincts, gérés par deux administrations différentes. Côté logement d'abord : depuis le 1er juillet 2022, louer un logement entier plus de 90 jours par an dans un district en pénurie de logements nécessite une autorisation préalable (art. 15 al. 2 RLPPPL)5. En dessous de ce seuil, ou hors des districts concernés, aucune autorisation n'est requise à ce titre.

Côté police du commerce ensuite — et c'est l'obligation la plus souvent ignorée des propriétaires : dans tout le canton, quiconque loue en courte durée doit annoncer son activité à la commune et tenir un registre des hôtes avec copie d'une pièce d'identité, présenté à la commune (art. 4a et 74c LEAE). Le non-respect de ces obligations peut être sanctionné d'amendes allant jusqu'à CHF 60'0006.

Pour la taxe de séjour, le canton a une particularité unique en Suisse romande : depuis 2023, un accord entre Airbnb et l'Union des Communes Vaudoises prévoit la collecte automatique d'un montant forfaitaire de CHF 3.00 par nuitée dans environ 164 communes adhérentes7. Deux limites à connaître : l'accord ne couvre que les communes qui y ont adhéré — ailleurs, le propriétaire déclare lui-même — et il ne couvre qu'Airbnb : les nuitées Booking.com et en direct se déclarent dans tous les cas.

L'accord UCV, le registre et la déclaration pas à pas : guide complet : taxe de séjour dans le canton de Vaud.

Valais : pas de plafond, mais tout se joue à la commune

Le Valais, premier canton suisse pour l'offre de locations de vacances, n'impose aucun plafond de jours. L'encadrement passe par la commune : l'activité d'hébergement s'annonce auprès de l'administration communale8, et la taxe de séjour — instituée par la loi cantonale sur le tourisme de 1996 — est fixée et perçue commune par commune, le plus souvent via les offices du tourisme et sociétés de développement.

La conséquence pratique la plus importante pour un propriétaire valaisan : Airbnb ne collecte la taxe de séjour nulle part en Valais2. C'est à l'hébergeur de calculer, déclarer et reverser la taxe — pour toutes les nuitées, quelle que soit leur provenance : Airbnb, Booking.com ou réservation directe. Les modalités varient fortement d'une commune à l'autre. À Bagnes/Verbier, le règlement communal prévoit notamment un forfait annuel pour les propriétaires9 ; à Crans-Montana, la taxe est de CHF 5.– par nuitée, avec un système de forfaits annuels de CHF 300 à CHF 1'50010. Avant de mettre un chalet en location, le premier réflexe est donc de demander le règlement de sa commune — c'est lui qui fait foi.

Les démarches, commune par commune : guide complet : taxe de séjour en Valais.

Fribourg, Berne, Grisons, Zurich, Bâle : l'essentiel

Fribourg

Régime simple et lisible : pas de plafond, et une taxe de séjour harmonisée à CHF 3.00 au niveau cantonal depuis 2023, collectée automatiquement par Airbnb14. Pour les autres canaux, la déclaration reste à la charge de l'hébergeur.

Berne (Oberland bernois)

Pas de plafond cantonal, mais des règles communales parmi les plus spécifiques de Suisse : Interlaken et Unterseen imposent une durée minimale de séjour de 3 nuits, des permis de conversion et un étiquetage physique des objets loués ; Wilderswil exige 5 nuits minimum depuis 2025 ; Thoune prépare un plafond de 90 jours2. Le contrôle des hôtes suit la loi cantonale sur l'hôtellerie (GGG), avec conservation des registres pendant 5 ans11. La Kurtaxe est communale et Airbnb ne la collecte pas.

Grisons

Pas de plafond cantonal — une motion en ce sens a été rejetée en 20232. Davos et Klosters font exception par leur formalisme : enregistrement de chaque objet loué depuis 2021, numéro d'objet à faire figurer dans les annonces, et annonce des arrivées sous 24 heures sur formulaire officiel13. La taxe de séjour communale est perçue et reversée par l'hébergeur.

Zurich et Bâle-Ville

Aucun plafond en vigueur à Zurich, où Airbnb collecte la taxe de séjour depuis 2018 ; une initiative « 90 jours » déposée en ville de Zurich en octobre 2025 est pendante2. À Bâle-Ville, la location commerciale suppose un permis (changement d'affectation), contrôlé sur plainte ; des projets de plafond à 90 jours et de numéro obligatoire dans les annonces sont pendants au Grand Conseil12.

Ce qui s'applique partout : l'annonce des hôtes étrangers

Une obligation fédérale traverse tous les cantons : quiconque héberge un hôte étranger contre rémunération doit l'annoncer à l'autorité cantonale compétente. La base légale est l'art. 16 de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI), dont les modalités sont précisées à l'art. 18 OASA et dans le droit cantonal15. Concrètement, chaque canton définit son propre circuit — formulaire communal, plateforme de l'office du tourisme, ou transmission via la police — et le canton de Vaud va au-delà du droit fédéral avec son registre des hôtes généralisé.

À noter : la Confédération conduit un projet de numérisation de la déclaration des hôtes16, signe que cette obligation — souvent perçue comme une survivance administrative — est appelée à devenir plus systématique, pas moins.

Qui déclare, quoi, à qui, canton par canton : annonce des hôtes en Suisse : le guide.

Lex Weber : ce qu'elle interdit — et ce qu'elle n'interdit pas

La loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS, dite « Lex Weber ») est probablement le texte le plus mal compris par les propriétaires de chalets. Elle plafonne la construction de nouvelles résidences secondaires dans les communes qui en comptent plus de 20 % — 331 communes sont au-dessus de ce seuil18 — mais elle ne restreint pas l'usage des logements existants. Un chalet créé avant le 11 mars 2012 peut en principe être loué librement en courte durée (art. 10 et 11 LRS) ; seules les constructions postérieures peuvent être soumises à une condition d'affectation touristique (art. 7 LRS)17.

Dans les stations, la dynamique joue même en faveur des propriétaires qui louent : la LRS ayant gelé la construction, les communes touristiques cherchent activement à transformer les « lits froids » en lits occupés. Mettre un chalet existant en location n'y est pas un contournement de la loi — c'est précisément ce que la politique touristique locale encourage.

Le détail, dates et articles à l'appui : Lex Weber et location : ce qui est réellement permis.

Vers un registre national ? La motion 24.4165

La grande question réglementaire des prochaines années est fédérale. La motion 24.4165 propose une infrastructure nationale de données pour l'hébergement de courte durée, sur le modèle du règlement européen 2024/1028 : numéro d'enregistrement par objet, échange de données avec les plateformes, et suppression des annonces sans numéro. Elle a été adoptée par le Conseil national par 94 voix contre 91 le 10 juin 2026 et est actuellement pendante au Conseil des États19.

Ce régime existe déjà localement : le Tessin exige un numéro dans chaque annonce depuis 2022, la ville de Lucerne combine plafond de 90 jours, annonce numérique et numéro dans les annonces depuis le 1er janvier 202520, et Davos/Klosters imposent leur numéro d'objet depuis 202113. Si le Conseil des États suit le National, la Suisse convergera vers un système d'enregistrement généralisé — nous mettrons cette page à jour dès le vote acquis.

Questions fréquentes

Combien de jours peut-on louer son logement en courte durée en Suisse ?

Il n’y a aucun plafond fédéral. Genève limite la location du logement entier à 90 jours par an (art. 4A RDTR) ; dans le canton de Vaud, dépasser 90 jours par an dans les districts en pénurie de logements exige une autorisation préalable (art. 15 al. 2 RLPPPL). En Valais, dans le canton de Berne, aux Grisons ou à Fribourg, aucun plafond cantonal ne s’applique aujourd’hui — mais des règles communales peuvent exister, comme la durée minimale de séjour à Interlaken.

Airbnb collecte-t-il automatiquement la taxe de séjour en Suisse ?

Seulement dans une minorité de cantons : Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Fribourg, Genève, Lucerne, Schaffhouse, Saint-Gall, Zoug et Zurich, plus environ 164 communes vaudoises couvertes par l’accord avec l’Union des Communes Vaudoises. Nulle part en Valais, dans le canton de Berne ni aux Grisons — et jamais pour les réservations Booking.com ou en direct : là, c’est au propriétaire de déclarer et de reverser la taxe.

Faut-il déclarer ses hôtes aux autorités ?

Oui, dans toute la Suisse pour les hôtes étrangers : quiconque héberge un étranger contre rémunération doit l’annoncer à l’autorité cantonale compétente (art. 16 LEI, modalités selon l’art. 18 OASA et le droit cantonal). Certains cantons vont plus loin : Vaud impose un registre des hôtes avec copie de pièce d’identité, présenté à la commune, sous peine d’amendes pouvant atteindre CHF 60’000.

La Lex Weber empêche-t-elle de louer un chalet en station ?

Non. La loi sur les résidences secondaires (LRS) restreint la construction de nouvelles résidences secondaires dans les communes qui en comptent plus de 20 % — elle ne limite pas l’usage des logements existants. Un chalet créé avant le 11 mars 2012 peut en principe être loué librement en courte durée ; seules les constructions postérieures peuvent être soumises à des conditions d’affectation touristique (art. 7 LRS).

Faut-il un numéro d’enregistrement pour louer sur Airbnb en Suisse ?

Pas au niveau national aujourd’hui. Des régimes locaux existent : le Tessin exige un numéro dans chaque annonce depuis 2022, la ville de Lucerne depuis le 1er janvier 2025, Davos et Klosters imposent un numéro d’objet depuis 2021. La motion 24.4165, adoptée par le Conseil national le 10 juin 2026 et pendante au Conseil des États, propose de généraliser ce système à toute la Suisse.

Quelles amendes risque-t-on en cas d’infraction ?

Cela dépend du canton et de l’obligation violée. À Genève, les infractions à la LDTR peuvent être sanctionnées d’amendes allant jusqu’à CHF 150’000. Dans le canton de Vaud, le non-respect des obligations d’annonce et de registre des hôtes peut coûter jusqu’à CHF 60’000. Ailleurs, les sanctions relèvent des règlements communaux sur la taxe de séjour et du droit cantonal.

Sources officielles

Toutes les affirmations de cette page renvoient aux textes et communications ci-dessous, vérifiés le 1er septembre 2026. En cas de doute, le règlement de votre commune et le droit cantonal font foi.

  1. Office fédéral du logement (OFL) — Plateformes de réservation d’hébergements : état des lieux fédéral
  2. SAB (Groupement suisse pour les régions de montagne) — « Aktuelle Ansätze zur Regulierung von Airbnb in der Schweiz », version 2, novembre 2025 (PDF)
  3. République et canton de Genève — Louer mon logement via une plateforme d’hébergement de type Airbnb
  4. République et canton de Genève — Taxe de séjour
  5. État de Vaud — Hébergement de type Airbnb (Direction du logement)
  6. État de Vaud — Police cantonale du commerce : informations relatives aux locations de type Airbnb
  7. Union des Communes Vaudoises — Accord avec Airbnb sur la perception de la taxe de séjour
  8. Commune de Collombey-Muraz (VS) — Taxe de séjour et annonce de l’activité d’hébergement
  9. Val de Bagnes / Verbier — Règlement des taxes de séjour (PDF)
  10. Commune de Crans-Montana — Règlement sur la taxe de séjour (PDF)
  11. Canton de Berne — Loi sur l’hôtellerie et la restauration (GGG, BSG 935.11)
  12. Grand Conseil de Bâle-Ville — objets parlementaires sur la location de courte durée
  13. Davos/Klosters — Enregistrement des appartements de vacances et chambres privées
  14. Union fribourgeoise du tourisme — Informations Airbnb (taxe de séjour harmonisée)
  15. Office fédéral du logement (OFL) — Obligation d’annoncer les hôtes étrangers
  16. Confédération suisse — projet de numérisation de la déclaration des hôtes
  17. Fedlex — Loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS, RS 702)
  18. EspaceSuisse — Résidences secondaires : communes au-dessus du plafond de 20 %
  19. Parlement suisse (Curia Vista) — Motion 24.4165 : infrastructure nationale de données pour l’hébergement de courte durée
  20. Ville de Lucerne — Location de courte durée : procédure et obligations (PDF)

Journal des mises à jour

  • — Première publication du tableau par canton, sur la base des textes cantonaux et fédéraux en vigueur (sources vérifiées le 1er septembre 2026).
  • — Vote du Conseil des États sur la motion 24.4165 (registre national) ; initiative « 90 jours » en ville de Zurich ; projets bâlois pendants. Cette page sera mise à jour à chaque décision.